Comité des droits de l’Homme des Nations UniesLa Syrie sommée d’établir une commission indépendante et crédible pour résoudre le problème des Libanais détenus en Syrie
A l’occasion de la 84è session du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies qui s’est tenue à Genève du 11 au 29 juillet 2005, le gouvernement syrien a présenté son troisième rapport périodique sur la situation des droits de l’Homme en Syrie le 18 juillet 2005.
Le mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) avec le soutien de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme) a présenté un rapport alternatif afin de mettre en évidence la situation dramatique des Libanais détenus dans les prisons syriennes. Le mouvement SOLIDA a aussi transmis au comité une liste de noms de Libanais détenus en Syrie, établie avec l’assistance de SOLIDE (Support of Lebanese in Detention and Exile).
Le rapport alternatif, a été remis aux experts et présenté lors d’une réunion précédant l’audience de la délégation officielle syrienne. Cette réunion a été l’occasion pour le mouvement SOLIDA de présenter ses recommandations aux experts du Comité des droits de l’Homme, et d’insister sur la nécessité de la mise en place d’une commission indépendante et internationale pour établir la vérité sur le sort des Libanais détenus arbitrairement en Syrie.
Les conclusions officielles du comité, publiées le 28 juillet 2005, relative aux Libanais détenus en Syrie (point 8 du rapport), ont été les suivantes :
“Le Comité accueille favorablement les informations fournies par la délégation au sujet de l'accord du 5 mai 2005 entre le Premier Ministre du Liban et le Président syrien sur la mise en place d'un comité qui se réunira régulièrement pour continuer son enquête sur les disparitions de citoyens syriens et libanais en Syrie et au Liban. Par contre, le Comité reste inquiet du fait que les informations fournies quand aux mesures concrètes pour la mise en place de ce comité en Syrie, ainsi que sa composition envisagée et son indépendance, ne sont pas suffisantes (Articles 2, 6, 7, et 9).
L’Etat parti doit fournir un compte-rendu détaillé et précis au sujet des citoyens libanais et syriens, ainsi que d'autres personnes, qui ont été détenus ou extradés en Syrie et qui, jusqu'à présent n'ont pas été retrouvés. Le Parti au pouvoir doit aussi prendre des mesures immédiates pour établir une commission d'enquête indépendante et crédible qui se penchera sur toutes les disparitions conformément aux recommandations du Comité faites en 2001”.
Le mouvement SOLIDA se félicite de ces recommandations qui représentent un appel implicite à la mise en place d’une commission d’enquête internationale. Seule une telle commission est capable de garantir l’indépendance et la crédibilité nécessaire à la résolution de ce drame.
Nous appelons le gouvernement syrien à prendre les mesures nécessaires pour apporter une réponse humaine au drame que vivent les centaines de familles de disparus.
Paris, le 3 août 2005