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Libanais enlevés par l’armée syrienne :
Nous demandons la vérité, et de l’efficacité !

 

Force est de constater que des efforts sont déployés aujourd’hui par les autorités libanaises pour dévoiler le sort réservé aux Libanais enlevés par l’armée syrienne au Liban.
Avec l’ouverture de la fosse commune qui existait dans les terrains du Ministère de la Défense à Yarzé, avec l’ouverture du charnier de Anjar au cours des deux derniers jours, le sort de plusieurs dizaines de Libanais disparus va peut-être enfin être connu, à condition bien sûr que les normes reconnues internationalement pour permettre l’identification des victimes soient rigoureusement respectées.

En revanche, nous constatons l’échec complet de la commission libano-syrienne chargée de traiter de la question des Libanais dont la détention en Syrie n’est plus à prouver. Cette commission, dont le mandat est arrivé à son terme, et qui s’est encore réunie samedi 3 décembre 2005, n’a obtenu aucune des réponses attendues par les familles des détenus.

Sur ces deux sujets, à savoir l’ouverture des charniers / fosses communes, et sur la commission libano-syrienne, nous adressons au gouvernement libanais plusieurs recommandations :

  1. Nous demandons que les exhumations soient réalisées dans le respect des normes internationales scientifiques reconnues pour l’identification des corps.
  2. Nous demandons la plus grande transparence de la part de l’armée libanaise qui doit rassurer les familles des disparus en communicant efficacement et en permettant un contrôle extérieur des identifications, pour qu’aucun doute ne puisse s’installer.
  3. Sur la question des personnes dont la détention, ou au moins le transfert en Syrie, ont été prouvés, nous demandons au gouvernement libanais de prononcer la dissolution de la commission présidée par le juge Maamari et de saisir immédiatement du dossier le conseil de sécurité de l’ONU, seul capable de traiter ce type de différent inter-étatique.

Il y a urgence. Le gouvernement libanais a l’entière responsabilité d’utiliser tous les moyens disponibles pour faire revenir au pays les Libanais qui se trouvent toujours détenus en Syrie. Aujourd’hui, le seul moyen est de saisir les instances internationales compétentes.

Beyrouth, le lundi 5 décembre 2005.