Suite à la découverte de la fosse commune de Yarze et du charnier de Anjar, et aux explorations qui se font pour retrouver d’autres fosses communes, les associations SOLIDE, SOLIDA et NDH Internationale ont pris l’initiative de créer un comité de suivi qui a pour objectif de suivre le dossier des charniers au Liban par une collecte d’informations ainsi qu’une observation objective de la facon dont les recherches sont menées.
L’équipe de volontaires a débuté son travail au cours des trois derniers jours par des visites des sites en question, des entretiens avec les personnes en charge et a remarqué, en particulier sur le site de Anjar, un certain nombre de manquements graves au bon déroulement des exhumations, auquel il est urgent de remédier :
- A Anjar, les recherches sont menées par les FSI à l’aide de techniques non spécialisées qui à n’en pas douter ne peuvent que causer une destruction des preuves. En particulier la réalisation des fouilles à l’aide d’une pelleteuse, sans aucune précaution, constitue non seulement un manque de respect pour les morts et pour leurs familles, mais aussi un manque de volonté affiché de la part des autorités de mener à bien l’identification des victimes et la détermination des circonstances de leur décès.
- Le site du charnier de Anjar, quoique gardé, est toujours accessible au public, ce qui peut également conduire à la destruction d’informations précieuses auxquelles les familles des disparus ont droit.
- L’équipe responsable du suivi de ce dossier travaille de façon complètement secrète ce qui crée une inquiétude chez les familles des disparus.
Le comité constitué par les associations citées demande :
- Le renforcement de la sécurité auprès des sites de recherche pour la préservations des preuves. Ces sites doivent être immédiatement interdits d’accès à toute personne ne participant pas directement aux exhumations.
- L’utilisation de méthodes de recherche et d’exhumation compatibles avec les critères internationaux afin de respecter la dignité des morts et de leurs familles
- La formation d’équipes pluridisciplinaires mixtes (formées de professionnels libanais et non libanais) pour enquêter sur les sites des charniers et mener une réflexion sur l’aspect juridique du traitement de tels crimes.