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SOLIDA demande au gouvernement d'accepter de saisir le conseil de sécurité de l'ONU
Jusqu'à présent, le Liban refuse d'assister ses citoyens en danger
Il faut dire ce qui est. nous avons l'impression que nous ne serons jamais entendus.
Qu'attendent l'Etat libanais, son Parlement et ses partis d'opposition, pour se saisir réellement de la question des Libanais détenus en Syrie ? Les représentants du peuple libanais considèrent-ils que c'est peine perdue ? Préfèrent-ils avoir des martyrs à pleurer que de défendre les droits de leurs concitoyens ?
Si vous considérez que cette cause est une cause perdue, sachez, Messieurs les ministres, députés, et autres représentants, que les quelques 170 Libanais réapparus des prisons syriennes en 1998 et 2000, étaient considérés comme morts par l'Etat. Pourtant ils étaient bien vivants, et qui l'aurait cru?
Si vous préférez, Messieurs les ministres, députés, et autres représentants, pleurer des martyrs plutôt que de mettre tout en ouvre pour récupérer vos concitoyens otages du régime syrien, avant qu'il ne soit trop tard, libre à vous. Mais soyez sûrs que nul n'oubliera votre position. Tout comme nous n'avons pas oublié les mines faussement surprises et faussement scandalisées lors de l'ouverture du charnier de Anjar, alors que depuis près de 20 ans, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l'Homme dénoncent l'existence des centres de tortures syriens sur le sol libanais.
Les martyrs ne reviennent pas. Leur mort n'a de sens que si leur mémoire est honorée. Et oublier la cause des détenus libanais en Syrie, c'est une insulte à la mémoire des martyrs, qui, comme Gibran Tuéni, ont lutté activement, depuis si longtemps, et malgré les risques, pour la libération des Libanais détenus en Syrie.
Il est encore temps de réagir, vous n'avez pas le droit de renoncer, vous n'avez pas le droit de " supposer " que les détenus sont morts, vous n'avez pas le droit de faire de cette cause une arme politique, que l'on ne sort de sa poche que pour se faire valoir. Vous avez le devoir d'agir, tout de suite, sans perdre un seul jour.
Et il n'y a qu'un seul moyen d'action : le gouvernement doit saisir le Conseil de Sécurité de l'ONU, seule institution en mesure de traiter ce dossier.
Paris, le 16 février 2006.