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Défendre les droits de l’Homme pour parvenir à la vérité et à la justice

 

 

Le mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) a récemment pris position sur les détentions dans le cadre de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, en insistant sur un respect absolu des procédures prévues par les textes internationaux.

 

Cette prise de position a suscité de la part de nombreuses organisations de la société civile libanaise des protestations, qui se sont propagées au sein de la diaspora libanaise, et que nous pouvons comprendre dans le contexte actuel où la toute la tension politique se focalise autour de la constitution du tribunal international.

 

Il devient donc nécessaire de clarifier publiquement la position de SOLIDA sur cette question, afin de dissiper tout malentendu, et il est certain que les personnes de bonne foi comprendront à quoi nous souhaitons parvenir.

 

Une priorité est donnée aujourd’hui à la vérité et à la justice dans l’affaire des attentats, contre le premier ministre Rafic Hariri, et contre toutes les autres personnes qui en ont été victimes et à qui nous rendons particulièrement hommage.

 

Une commission d’enquête internationale, et la constitution d’un tribunal international, s’avèrent nécessaires dans cette affaire pour réaliser cet objectif, et nous approuvons complètement cette démarche.

 

Ce que nous demandons à la Justice libanaise aujourd’hui, c’est de prendre ses décisions dans le cadre du mémorandum d’entente avec la commission d’enquête internationale de manière indépendante, juste et impartiale et de se conformer strictement aux textes internationaux ratifiés par le Liban, en particulier le Pacte International relatif aux droits civils et politiques. Il ne s’agit pas là de prendre la défense de qui que ce soit, il s’agit de demander l’application des procédures garantissant un procès équitable.

 

Pourquoi demande-t-on des procédures et des procès équitables ? Tout simplement parce que le respect de ces règles est la seule et unique garantie que les coupables seront jugés et condamnés. C’est le seul moyen d’arriver à la vérité.

 

Nous voulons savoir qui a tué Rafic Hariri, qui a tué Samir Kassir, qui a tué Gibran Tuéni, qui a tué ou blessé tous les autres... Nous ne voulons pas que les procédures soient contraires aux droits de l’Homme, car devant un tribunal international, un vice de procédure peut conduire à annuler les poursuites contre une personne, même si elle est coupable, et elle ne sera alors pas jugée pour ses crimes.

 

Accepter que les principes des droits de l’Homme soient violés par la Justice libanaise, ce serait soutenir une justice soumise à des pressions politiques, et ce serait renoncer définitivement à la vérité sur les crimes.

 

Si, au contraire, pour la première fois dans l’histoire contemporaine du Liban, des procédures équitables et des procès équitables étaient menés conduisant à la révélation de la vérité et à la punition des vrais coupables, alors nous pourrons espérer qu’un jour les responsables de violations majeures des droits de l’Homme seront enfin tenus pour responsables de leurs actes.

 

Nous voulons nous aussi que justice soit rendue aux victimes de violations graves des droits de l’Homme, notamment de torture, qui restent marquées à vie par leur expérience si douloureuse... c’est la raison pour laquelle nous avons publié en octobre 2006 notre rapport sur la torture au Ministère de la Défense, et nous ne cessons de demander que les auteurs présumés de ces violations soient entendus par la Justice, qui s’y refuse pour l’instant. Mais pour rendre justice aux victimes, il faut que les auteurs des violations bénéficient d’un procès équitable. Rendre justice ce n’est pas se venger, même si c’est la nature de l’être humain, rendre justice c’est obtenir la vérité et la réparation. On ne répare pas des violations des droits de l’Homme en en commétant d’autres... Seule la vérité, la punition des coupables, le dédommagement des victimes, les explications et excuses publiques peuvent être un tant soit peu réparatrices...

 

Nous demandons aux organisations de la société civile libanaise, aux organisations internationales, à la commission d’enquête internationale, de se joindre à nous, d’exiger avec nous que la Justice libanaise respecte les engagements internationaux du Liban en matière de droit de l’Homme, pour garantir la révélation de la vérité.