AFFAIRE SADR : APPEL AUX AUTORITES LYBIENNES

Aujourd'hui, la Libye préside la Commission des droits de l'Homme de l'ONU.
Nous lui demandons expressément de révéler le sort réservé à l'Imam Moussa SADR, à Cheikh Muhammad YACOUB et à M. Abbas BADREDDINE.

L'Imam Moussa SADR est né en Iran le 4 juin 1928.
Diplômé de droit musulman, de sciences économiques et de sciences religieuses en Iran et en Irak, il effectue en 1955 une première visite au Liban. Il y rencontre la branche libanaise de sa famille, dans la région de Tyr, où il est très apprécié par le chef spirituel de la communauté chiite, Hojjatoul Islam-Sayyed Abdel Hossein Charafeddine.
C'est à la mort de celui-ci en 1959, qu'il devient au Liban uléma et chef spirituel de la communauté chiite.
Il met alors en place dans la région de Tyr un important programme de développement sanitaire, social et éducatif. Qu'il étendra à d'autres régions libanaises. Il agit également remarquablement en faveur du dialogue inter religieux.
Son rôle politique au Liban est très important, notamment dans la lutte contre les incursions israéliennes en territoire libanais, et dans le soutien aux régions et aux personnes les plus démunies.
Le 23 mai 1969, il est élu Président du Conseil Supérieur Chiite.

Dès le début de la guerre du Liban en 1975, l'Imam Moussa SADR tentera l'impossible pour calmer les tensions et les conflits entre les différentes communautés du Liban. Il prône l'unité du pays et la concorde nationale.
C'est avec l'aggravation du conflit, qui échappe à tout contrôle, que l'Imam entreprend une tournée régionale, qui le conduira jusqu'en Libye le 25 août 1978 où il est invité par les autorités libyennes.

Le 31 août 1978, L'Imam Moussa SADR et ses deux compagnons de voyages, Cheikh Muhammad YACOUB et le journaliste Abbas BADREDDINE, disparaissent en Libye, le jour-même de leur rendez-vous avec Muammar Kadhafi.

Les autorités libyennes affirment que ceux-ci ont quitté clandestinement le pays à destination de l'Italie avant le rendez-vous, déclarations démenties par les enquêtes libanaises et italiennes et par le jugement d'un tribunal italien.
D'autres sources affirment au contraire que la rencontre avec Muammar Kadhafi a bien eu lieu, a été houleuse et que les trois visiteurs ont été incarcérés à l'issue de la réunion.

La Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 1992, fait obligation aux Etats d'enquêter sur les disparitions qui surviennent sur leur territoire.
Le Mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) demande aux autorités libyennes de se conformer à cette obligation en élucidant ce cas de disparition.

Paris, le 6 Avril 2003.