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Audition de SOLIDA au Parlement Européen La pratique des disparitions forcées par la Syrie : un crime contre l'Humanité |
Le Mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) a participé le 31 mars 2005 à une audition de la sous-commission des droits de l'Homme du Parlement Européen, sous la présidence de la députée européenne Madame Hélène Flautre.
Wadih Al-Asmar, vice-président de SOLIDA, est intervenu conjointement
avec Monsieur Niel Sammonds, représentant d'Amnesty international,
Monsieur Aktham Naissé, des CDF (organisation syrienne de défense
des droits de l'Homme) et le professeur Rudolph El-Kareh.
De nombreux députés de divers courants politiques ont assisté
à l'audition, en présence de Madame Véronique de Keyser,
rapporteur parlementaire sur l'accord d'association UE/Syrie, de représentants
de la commission européenne et du Conseil de l'Europe, des ambassades
du Liban et de la Syrie auprès de l'Union Européenne.
Wadih Al-Asmar a insisté sur le caractère systématique
de la pratique des disparitions forcées par la Syrie, que ce soit au
Liban ou sur le territoire syrien, démontrant qu'il s'agissait non
pas de simples violations des droits de l'Homme mais bel et bien d'un crime
contre l'humanité tel que défini par le statut de Rome instaurant
la Cour Pénale Internationale. En effet l'article 7 de ce statut
précise que les "disparitions forcées" constituent
des crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis "dans le
cadre d'une attaque généralisée ou systématique
lancée contre une population civile et en connaissance de cette attaque".
D'autre part, dans le même article, il est précisé que,
"par disparitions forcées, on entend les cas où des personnes
sont arrêtées, détenues ou enlevées par un État
ou une organisation politique ou avec l'autorisation, l'appui ou l'assentiment
de cet État ou de cette organisation, qui refuse ensuite d'admettre
que ces personnes sont privées de liberté ou
de révéler le sort qui leur est r
éservé ou l'endroit où elles se trouvent, dans l'intention
de les soustraire à la protection de la loi pendant une période
prolongée".
" Ces deux définitions s'appliquent parfaitement dans le cas des disparitions forcées pratiquées par la Syrie ", a conclu Wadih Al-Asmar, avant de recommander au Parlement Européen de prendre les mesures suivantes :
1. Exiger l'application de la résolution du Parlement Européen
de mars 1998 portant sur les libanais détenus en Syrie
2. Intervenir auprès des Etats membres, pour que ces derniers réclament
une résolution du conseil de sécurité pour saisir le
procureur de la CPI de la question.
3. Demander aux Etats membres d'inscrire la question des Libanais détenus
au secret en Syrie sur l'agenda de toutes les rencontres avec les officiels
syriens.
4. Demander à la Commission Européenne d'exiger un geste réel
et humain sur ce sujet du gouvernement syrien en préalable à
l'ouverture du processus de ratification.
Pour lire l'intervention complète, voir sur le site Internet www.solida.org
Paris, le 6 avril 2005