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RETOUR DE DAMAS DE LA DELEGATION D'ONG ET DE FAMILLES DE DETENUS LIBANAIS EN SYRIE |
La délégation de représentants d'ONG et de familles de détenus libanais en Syrie partie ce matin de Beyrouth dans l'espoir d'être reçue par le Président syrien Bachar EL ASSAD à Damas est rentrée au Liban sans avoir pu rencontrer ce dernier.
La délégation souhaitait, dans un esprit de dialogue et avec
un souci de transparence :
soit rencontrer le Président syrien,
soit obtenir un rendez-vous avec lui dans un avenir proche,
soit s'entendre dire clairement que le dialogue était rompu avec les
autorités syriennes (dialogue entamé en juillet 2002 entre une
délégation de familles de détenus libanais en Syrie et
le Ministre de l'Intérieur syrien, qui n'a d'ailleurs jamais tenu ses
promesses).
Aujourd'hui les choses sont claires : le dialogue est rompu.
Les autorités syriennes ont demandé aux représentants associatifs, à leur arrivée à Damas, de contacter le Chef de Cabinet au Bureau du Président Assad, lequel a refusé d'organiser ni même de programmer un rendez-vous.
Les représentants de SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement, ONG française), de SOLIDE (Support of Lebanese In Detention and Exile, Liban) et du Comité des Familles de Détenus Libanais en Syrie sont très déçus de l'attitude non coopérative et inhumaine des autorités syriennes, qui, il y a 11 mois, admettaient pourtant la détention au secret de Libanais et promettaient de résoudre le problème dans les 2 à 3 mois.
Quant à la réponse du Procureur Général libanais Adnane Addoum, qui déclarait hier par voie de presse qu'il n'y avait aucun Libanais détenu au secret en Syrie, nous nous permettons de lui rappeler qu'il est le seul à le croire, puisque, récemment encore, la Syrie a écrit au groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU en reconnaissant la détention d'au moins deux de ces " disparus ", et que l'Union Européenne, comme l'ONU, réclament régulièrement la libération de ces détenus. Monsieur Addoum a également considéré que notre démarche avait un caractère politique : nous lui demandons de nous expliquer quels intérêts politiques nous servons… En revanche, nous avons parfaitement compris que, lui, s'était vu confier la difficile - et très politique - tâche de soutenir cette " version officielle " si peu crédible, et nous n'aimerions pas être à sa place…
Au vu de l'attitude actuelle des autorités libanaises et syriennes, nous considérons qu'il est désormais légitime que toutes les initiatives internationales soient prises en vue d'obtenir la libération des Libanais détenus au secret dans les prisons syriennes.
Nous sommes toutefois disposés à reprendre le dialogue avec les autorités, à leur demande et à tout moment.
Les journalistes seront, dans les prochains jours, invités à une conférence de presse pour faire le point sur l'initiative prise aujourd'hui.
Paris, Beyrouth, le 9 juin 2003