![]() |
Liban : le gouvernement démissionnaire sera-t-il capable d'un sursaut d'humanité ? |
|
Le gouvernement libanais vient de démissionner,
le mouvement SOLIDA réclame que les résultats de la commission
d'enquête sur les disparus ordonnée par ce même gouvernement
soient immédiatement rendus Public.
|
Alors que le Premier Ministre Rafic HARIRI vient de démissionner, le mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) appelle le gouvernement démissionnaire à prendre ses responsabilités dans le dossier des disparus et des détenus.
La Commission d'enquête sur les disparus ordonnée par le gouvernement Hariri en janvier 2001, et présidée par le Ministre Fouad ES SAAD, a recensé de nombreux cas de disparitions, et constitué beaucoup de dossiers relatifs à des personnes qui sont, de manière certaine, toujours en détention en Syrie. Cette commission n'a, à notre connaissance, strictement rien fait pour aider les familles libanaises à la recherche de disparus et de détenus, n'a pas réclamé le rapatriement des détenus à la Syrie, et n'a rendu publique aucune conclusion.
Cette situation est humainement injustifiable et contraire à la "
déclaration pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions
forcées ", adoptée par les Nations Unies en 1992, qui fait
obligation aux Etats de tout mettre en œuvre pour lutter contre les disparitions
forcées.
Aujourd'hui, le gouvernement Hariri a entre les mains les dossiers de centaines
de personnes, de centaines de familles… des informations permettant de réclamer
la libération des détenus en Syrie….Ce sont leurs compatriotes,
privés de leurs droits fondamentaux. Mais le gouvernement a, jusqu'à
maintenant, choisi de ne rien faire.
Par cette attitude condamnable, et s'ils ne choisissent pas d'y remédier
rapidement, les membres du gouvernement de Monsieur Hariri auront finalement
alourdi la question des disparus et des détenus, en se rendant eux-mêmes
complices de la pratique des disparitions forcées, qui, rappelons-le,
constitue un crime continu tant que le sort des personnes enlevées
n'a pas été révélé.
Nous demandons à Monsieur Fouad ES SAAD, de rendre public son rapport immédiatement, et au gouvernement démissionnaire de réclamer le rapatriement des détenus en Syrie, comme il en a l'obligation.
Nous demandons à la Syrie de libérer tous les Libanais enlevés au Liban, pour que ce sujet purement humanitaire soit traité comme tel, et non comme une donnée du contexte politique régional actuel.
Paris, le 17 Avril 2003.