Appel aux partis d'opposition du Liban

Le Mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) suit avec attention l'évolution politique du Liban. A l'heure où tous les partis dits "d'opposition" semblent très optimistes sur une prochaine démocratisation du pays, SOLIDA reste vivement préoccupé par le fait que la question des Libanais disparus, et de ceux détenus en Syrie, ne soit quasiment jamais soulevée par la plupart de ces partis.

Certaines personnalités politiques pensent sans doute que ces questions appartiendront bientôt au passé, et qu'on peut donc les balayer d'un revers de la main. Mais ils se trompent, gravement, pour deux raisons:

1. D'un point de vue juridique, le crime de disparition forcée est un crime continu, et par conséquent les personnes qui ont fait "disparaître" des gens, fut-ce il y a 30 ans, seront, tôt ou tard, rattrapées par la justice, puisqu'il n'y a pas de prescription pour ces crimes. L'histoire de nombreux pays en atteste, le Liban ne dérogera pas à cette règle.

2. D'un point de vue humain, il serait de toute façon inutile d'essayer de convaincre les familles et les proches de disparus ou de détenus d'abandonner leurs recherches. Une mère de disparu a déclaré: "la disparition de mon fils, c'est comme si je tenais une braise incandescente dans ma main. Cela fait 15 ans que cela me fait mal, mais je ne peux pas la lâcher". Cette image représente parfaitement l’état d’esprit de l’immense majorité des familles de disparus.

SOLIDA appelle donc les partis d'opposition, et particulièrement les responsables politiques qui n'ont pas eux-même de graves violations des droits humains sur la conscience, à considérer ce problème comme une priorité absolue. Il serait de toute façon illusoire de vouloir bâtir une démocratie sur des bases aussi peu solides, et, pire encore, en sacrifiant ceux des détenus qui croupissent encore dans les prisons syriennes. L'opposition doit mettre ce dossier particulier au centre de ses échanges avec la Syrie, voire même placer la libération des détenus comme condition sine qua none à toute discussion. Si elles ne le font pas clairement, publiquement, et sans aucun délai, les formations politiques se rendront coupables d'avoir cautionné ces crimes, par lâcheté.

Alors, aux partis qui se disent d'opposition, ayez le courage d'exiger des choses justes, et si vous ne le faîtes pas par égard pour vos concitoyens portés disparus, faîtes simplement un calcul politique pour l'avenir, quand le monde entier aura les yeux rivés sur le drame des familles de disparus et sur le calvaire des prisonniers en Syrie, et fera l'analyse de votre position sur le sujet. Car ce moment approche à grands pas.

SOLIDA met à la disposition de chacun toute information utile sur le sujet