LIBERATION DES DETENUS LIBANAIS EN ISRAEL

Le mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) a accueilli avec soulagement la nouvelle de l'échange d'otages entre Israël et le Hezbollah, qui met un terme à l'attente de 23 familles libanaises de détenus en Israël, et à celle d'une soixantaine de familles de disparus qui, en récupérant les dépouilles, vont enfin pouvoir entamer leur travail de deuil. Cet échange permet aussi la restitution à leurs familles des corps des trois militaires israéliens morts au Liban, et celle d'un homme d'affaires israélien capturé par le Hezbollah en 2000.

Cet échange a été organisé grâce à une médiation allemande de plusieurs années, dont la persévérance est enfin récompensée.
SOLIDA déplore toutefois que l'Etat libanais n'ait jamais réellement cherché à résoudre cette question.

Par ailleurs un certain nombre de points restent à éclaircir pour que la question des détenus et des disparus libanais en Israël soit définitivement résolue :
1. Plusieurs centaines de familles libanaises ont reçu des informations fiables relatives à l'extradition de leurs disparus en territoire israélien. D'autres informations font état de charniers sur le territoire israélien où reposeraient des corps de Libanais. Les autorités israéliennes se doivent, à titre humanitaire, de révéler l'identité (ou d'organiser l'identification) de l'ensemble des disparus libanais enterrés sur son territoire.
2. Les autorités qui le détiennent se doivent de révéler le sort de l'aviateur israélien Ron Arad, de mettre un terme à cette situation contraire aux conventions de Genève, et ainsi d'éviter que cela ne puisse servir de prétexte à de nouvelles prises d'otages.
3. Un autre point litigieux reste la détention en Israël de Samir Kantar, capturé au cours d'une attaque commando en territoire israélien ; dans cette affaire, nous appelons les autorités israéliennes à respecter strictement les normes internationales en matière de détention.

Pour conclure, SOLIDA considère que si un terrain d'entente sur la question des prisonniers a pu être trouvé avec un pays ennemi comme Israël, un accord devrait d'autant plus facilement être conclu avec un pays frère comme la Syrie pour que celle-ci rapatrie au Liban les centaines de Libanais extradés sur son territoire.

Paris, le 30 janvier 2004.