LES NATIONS UNIES DECLARENT " ARBITRAIRE " LA DETENTION EN SYRIE D'UN CITOYEN LIBANAIS

Le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire vient de communiquer l'avis qu'il avait adopté concernant le libanais Naji Azziz HARB, détenu en Syrie depuis 1990.

Dans son avis N°20/2000 (Syrie), adopté le 14 Septembre 2000, le Groupe de Travail a en effet considéré que :
" La privation de liberté de Naji Azziz Harb est arbitraire, étant en contradiction avec les articles 10 et 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et avec l'article 14 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (…) ".

Le Groupe de Travail a par ailleurs demandé au gouvernement syrien de " prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation (…) ".

Le cas de Naji Azziz Harb, particulièrement bien documenté, avait fait l'objet d'un rapport du Mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement), publié le 1er Juin 1999.
Enlevé en juillet 1990 par les troupes syriennes et transféré en Syrie, Naji Harb reçoit des visites de sa famille à la prison de Saydnaya en Syrie. Ses proches ont dû attendre 8 ans avant d'obtenir, par l'intermédiaire du Ministère de la Défense Libanais, une copie certifiée conforme du jugement rendu contre lui par un tribunal militaire syrien, qui le condamne aux travaux forcés à perpétuité sans appel. Ce rapport produit tous les documents officiels concernant Naji Harb, émanant des autorités libanaises et syriennes, et met en évidence le fait qu'il a été arrêté sans mandat, extradé en Syrie sans demande d'extradition, jugé sans avocat par une juridiction d'exception, sans droit à un recours, et ce uniquement sur la base d'aveux vraisemblablement extorqués sous la torture.

Ce sont ces éléments qui ont permis au Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire d'intervenir auprès du gouvernement syrien, qui a reconnu le 26 Mai 2000, l'arrestation, la condamnation et la détention de Naji Harb, sans toutefois mentionner sa nationalité, ni son lieu d'arrestation. Le Groupe de Travail a donc finalement adopté l'avis sus-mentionné.

Parallèlement, le cas de Naji Harb est particulièrement suivi par plusieurs groupes de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) dont celui de Sarlat (France) qui intervient régulièrement en sa faveur auprès des autorités syriennes, libanaises et françaises. Ce groupe fait également paraître des articles dans les journaux français afin de sensibiliser l'opinion publique française à la douloureuse situation des libanais détenus en Syrie en général, et à celle plus particulière de Naji Harb.

Paris, le 30 Octobre 2000.