Retrait de l'armée israélienne du Sud-Liban et fermeture de la prison de KHIAM

 

 

Le Mouvement Franco-Libanais SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement) a suivi avec une grande satisfaction la fermeture du centre de détention de KHIAM au SUD-LIBAN. Nous nous associons aux familles des détenus dans leur joie de retrouver les leurs qui étaient détenus dans cette prison sans jugement. Cette prison a été un des symboles de l'arbitraire et de la violation permanente des droits de l'Homme.

Nous espérons que ce retrait israélien du Sud Liban sera source d'apaisement, et d'arrêt des attaques dont les civils de cette zone ont été victimes depuis plus de 22 ans.

Les informations en provenance du Liban, indiquant le non déploiement de l'armée libanaise dans les zones évacuées par les israéliens, nous inquiète malgré le calme qui règne actuellement dans la région. En effet nous craignons que l'absence de l'armée régulière libanaise, ou à défaut d'une force des Nations Unies, ne soit source d'instabilité et de violations des droits des habitants de la zone.

Le Mouvement SOLIDA demande à l'état libanais de prendre toutes les mesures nécessaires afin que les droits fondamentaux des personnes soient respectés, notamment ceux des miliciens de l'Armée du Liban Sud qui se sont rendus à l'Armée libanaise, ou aux milices locales qui ne sont en aucun cas habilitées à les détenir ni à les interroger et doivent les remettre sans aucun délai aux forces de sécurité libanaises. Par ailleurs, nous rappelons que le gouvernement libanais est responsable de la sécurité de toutes les personnes et des biens se trouvant sur le territoire libanais. Aussi il est urgent que l'état libanais prenne toutes les mesures nécessaires afin de prévenir toute tentative de pillages des localités évacuées, et en particulier des maisons dont les habitants se sont exilés en Israël.

D'autre part nous demandons au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'assurer un accueil digne aux réfugiées libanais qui se sont rendus en Israël et ceci dans le respect des conventions internationales, et à condition qu'ils ne soient pas poursuivis pour des crimes contre l'humanité.

Enfin notre satisfaction d'apprendre la libération des détenus de Khiam n'est malheureusement pas entière. Plusieurs libanais sont en effet toujours détenus en Israël , en particulier Cheikh Obeid et Monsieur Dirani. D'un autre côté des centaines de mères libanaises sont toujours sans nouvelles de leurs enfants détenus arbitrairement dans les prisons syriennes.

Paris, le 26 Mai 2000