SEMAINE D'ACTION ET DE SOUTIEN DES LIBANAIS DETENUS DANS LES PRISONS SYRIENNES.
26 janvier - 1er février 1998
COMPTE-RENDU
PARIS, LE 20 FEVRIER 1998.
CE DOCUMENT RECAPITULE LA SEMAINE D'ACTION ET DE SOUTIEN DES DETENUS LIBANAIS DANS LES PRISONS SYRIENNES, QUI S'EST DEROULEE A PARIS DU 26 JANVIER AU 1ER FEVRIER 1998.
CETTE SEMAINE A ETE ORGANISEE A PARIS PAR AMNESTY INTERNATIONAL SECTION FRANCAISE, L'ACAT (ACTION DES CHRETIENS POUR L'ABOLITION DE LA TORTURE), LA LIGUE FRANCAISE DES DROITS DE L'HOMME, LA FIDH (FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME), ET LE MOUVEMENT SOLIDA (SOUTIEN AUX LIBANAIS DETENUS ARBITRAIREMENT).
LE MOUVEMENT SOLID (SUPPORT OF LEBANESE IN DETENTION), BASE AU LIBAN, ET LES REPRESENTANTS DU "COMITE DES FAMILLES DE DETENUS LIBANAIS EN SYRIE", ONT PU A L'OCCASION DE LEUR SEJOUR EN FRANCE ATTIRER L'ATTENTION DE L'OPINION PUBLIQUE LIBANAISE ET INTERNATIONALE SUR LE SORT DES DETENUS LIBANAIS EN SYRIE, SUJET TABOU AU LIBAN DEPUIS L'INVASION SYRIENNE DU TERRITOIRE LIBANAIS EN 1976.
SOMMAIRE
PRESENTATION DES OBJECTIFS ET DES PARTICIPANTS A LA SEMAINE
D'ACTION ET DE SOUTIEN DES DETENUS LIBANAIS DANS LES PRISONS SYRIENNES
DEROULEMENT DE LA SEMAINE
DOCUMENT 1: TEMOIGNAGES DE 4 FAMILLES DE DETENUS LIBANAIS EN
SYRIE, D'APRES UN DOCUMENT AUDIOVISUEL
DOCUMENT 2: TEMOIGNAGE DE MADAME SONIA EID
DOCUMENT 3: TEMOIGNAGE DE MADAME VIOLETTE NASSIF
DOCUMENT 4: TEMOIGNAGE DE MADAME OLGA HAYEK
DOCUMENT 5: LES CAS DE TANIOUS TAYAR ET BOUTROS KHAWAND
DOCUMENT 6: LETTRE DE HUMAN RIGHTS WATCH A HUBERT VEDRINE,
MINISTRE FRANCAIS DES AFFAIRES ETRANGERES
DOCUMENT 7: COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DE PRESSE
DOCUMENT 8: REVUE DE PRESSE
PRESENTATION DES OBJECTIFS ET DES PARTICIPANTS A LA SEMAINE D'ACTION ET DE SOUTIEN DES DETENUS LIBANAIS DANS LES PRISONS SYRIENNES. (sommaire)
Depuis la fin de la guerre du Liban des milliers de familles libanaises restent sans nouvelles de l'un de leurs proches kidnappé pendant ou après la guerre par l'une ou l'autre des armées d'occupation du Liban (l'armée syrienne et l'armée israélienne, plus ou moins aidées par des milices libanaises).
Les familles des prisonniers libanais en Syrie n'avaient, de 1990 à 1997, jamais pu se faire entendre pour dénoncer l'enlèvement de leurs proches détenus illégalement en Syrie. En effet, les gouvernements libanais et syriens nient cette question et menacent les familles de représailles si elles parlent.
Depuis le 16 octobre 1997, grâce notamment aux efforts des organisations internationales de défense des Droits de l'Homme, mais aussi et surtout au courage et à la persévérance de quelques militants libanais de défense des Droits de l'Homme, les parents de ces détenus libanais en Syrie ont osé créer un comité.
Ce comité regroupe aujourd'hui quelques dizaines de familles. Ces familles ont subi depuis la fin de la guerre du Liban un chantage odieux de la part d'officiers syriens qui les contactaient, prétendant leur donner des nouvelles de leurs proches, ou leur accorder un droit de visite, moyennant d'énormes sommes d'argent, pour finalement souvent leur refuser tout contact avec le détenu et les menacer...
Aujourd'hui, ce sont ces familles épuisées, psychologiquement mais aussi matériellement qui se sont unies, convaincues que de céder au chantage servira moins leurs enfants que de dénoncer la torture quotidienne.
Alors que le comité des parents des libanais détenus en Syrie a commencé à agir au niveau national -au Liban-, il subit sans arrêt des menaces et nécessite plus que jamais un appui international qui lui garantira une certaine sécurité lorsqu'il revendique les droits fondamentaux de ces détenus.
Afin de sensibiliser l'opinion publique française et de permettre aux organisations internationales de défense des Droits de l'Homme de discuter le problème directement avec les familles, une rencontre avec 3 mères et deux frères de détenus, ainsi qu'avec des militants libanais des droits de l'Homme a été organisée à Paris du 26 janvier au 1er février 1998.
Ghazi Robert AAD.
Ghazi AAD est un militant libanais des Droits de l'Homme engagé depuis plusieurs années au côté des familles des libanais détenus en Syrie. En contact sur ce sujet depuis longtemps avec les organisations internationales et locales de défense des Droits de l'Homme, son expérience lui permet de conseiller efficacement les familles dans leurs actions pacifiques de protestation.
Violette Salem NASSIF.
Violette est la mère de Johnny NASSIF, né le 27 mai 1974 à Beyrouth, et habitant à Bourj Hammoud, Beyrouth. Enlevé par l'armée syrienne, en 1990 à l'âge de 16 ans, Johnny NASSIF est depuis détenu à Damas, où sa mère s'est vue refuser tout droit de visite.
Sonia Georges EID.
Sonia est la mère de Jihad EID, né le 29 avril 1970 à Beyrouth, et habitant à Hadath, Beyrouth. En 1990, Jihad EID, alors étudiant à l'université, luttait contre l'invasion syrienne dans sa région en soutenant bénévolement les soldats libanais. Il a été kidnappé lorsque les troupes syriennes sont entrées dans la région le treize octobre 1990. Récemment sa famille a appris qu'il était toujours détenu à Mazzé, et dans un très mauvais état de santé puisque l'une de ses jambes a été amputée au cours de sa détention.
Olga HAYEK.
Olga est la mère de Kaytel HAYEK, lieutenant-colonel de l'armée libanaise originaire de Beyrouth et enlevé en juin 1994 sur un barrage de l'armée libanaise et transféré en Syrie, au centre d'interrogatoire dit "section Palestine" puis à la prison Mazzé de Damas. Il peut recevoir des visites de sa famille (la dernière visite de sa mère remonte au 11 décembre 1997). Il y est encore détenu à ce jour sans qu'aucun jugement n'ait été prononcé à son encontre;
Le gouvernement libanais nie la détention en Syrie de Kaytel HAYEK, et celui-ci a été condamné par contumace par le tribunal militaire de Beyrouth, alors que sa mère a déclaré devant le juge qu'il était détenu à Mazzé. Il a été jugé coupable d'avoir commandité des attaques armées contre des positions militaires syriennes, d'avoir collaboré avec Israël, et comploté en vue de tuer Ghazi Kenaan et Elie Hobeika.
Aujourd'hui il est mis de nouveau en accusation par contumace dans le procès de l'assassinat de Karamé, sans aucun moyen de se défendre.
Fadel TAYAR
Fadel est le frère de Tanious TAYAR, né le 10 novembre 1952 à Chayah, et habitant à Hazmieh, Beyrouth. Tanious TAYAR, mécanicien automobile, a été enlevé à Beyrouth sur un barrage syrien le 27 mai 1978. Depuis, sa famille n'a plus jamais eu de ses nouvelles et la police libanaise refuse d'enquêter. Sa mère est décédée six mois après son enlèvement qu'elle n'a pas supporté.
Massoud KHAWAND
Massoud est le frère de Boutros KHAWAND, né en 1939 et habitant de Beyrouth. Membre actif du parti "Kataëb" depuis 1956, et membre du bureau politique de ce parti depuis 1988, il est marié et a 4 enfants âgés de 28 à 7 ans. Il a été enlevé le 15 septembre 1992 devant chez lui, à 9 heures du matin, devant de nombreux témoins oculaires, par des hommes armés en civil qui se trouvaient dans trois véhicules.
Malgré la mise en cause du Hezbollah dans cet enlèvement et les informations officieuses signalant qu'il pourrait être détenu en Syrie, et les nombreux témoins oculaires de l'enlèvement, les autorités libanaises n'ont pas cherché à mener la moindre enquête ni même à établir un portrait-robot des kidnappeurs qui agissaient à visage découvert.
Sa famille subit sans arrêt des pressions visant à lui faire cesser les recherches sur son sort.
DEROULEMENT DE LA SEMAINE: (sommaire)
Lundi 26 Janvier 1998:
Réunion au siège d'Amnesty International, section française, avec les responsables du Liban et de la Syrie à Amnesty, notamment Simone OTHMANI-LELLOUCHE et Yves PRIGENT, Marie-Thérèse HUERRE, responsable du Liban à l'ACAT et des représentants de SOLID (Support Of Lebanese In Detention), de l'organisation "Enfants Réfugiés du Monde", et de SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus Arbitrairement)...pour prendre connaissance d'un document audiovisuel réalisé au Liban avec des familles de détenus libanais en Syrie ( Cf DOCUMENT 1, page 8).
Mardi 27 Janvier 1998:
Réunion de travail au siège d'Amnesty International Section Française.
Témoignages des familles venues témoigner en France:
Madame Sonia EID, mère de Jihad EID, kidnappé le 13 octobre 1990, détenu à Mazzé (Damas) dont le cas a été adopté par 2 groupes d'Amnesty International (Pologne, Canada) (Cf DOCUMENT 2, page 10)
Madame Violette NASSIF, mère de Johnny NASSIF, kidnappé le 13 octobre 1990, qui est détenu à Saydnaya (près de Damas) (Cf DOCUMENT 3, page 11)
Madame Olga HAYEK, mère de Kaytel HAYEK, Lieutenant Colonel de l'Armée Libanaise, kidnappé en juin 1994, qui est détenu à Mazzé (Cf DOCUMENT 4, page 12)
Monsieur Massoud KHAWAND, frère de Boutros KHAWAND, kidnappé en 1992 (Cf DOCUMENT 5, page 13).
Monsieur Fadel TAYAR, frère de Tanious TAYAR, kidnappé à un barrage de l'armée syrienne en 1978 et dont la famille est restée sans nouvelle depuis (Cf DOCUMENT 5, page 13).
Elaboration d'un projet de campagne internationale (à court terme) en coordination avec le "Comité des familles de détenus libanais en Syrie", Amnesty International, l'ACAT, la FIDH, la Ligue française des Droits de l'Homme, SOLID et SOLIDA.
Human Rights Watch a apporté son soutien à l'action en adressant une lettre à Hubert Védrine, Ministre français des Affaires Etrangères (Cf DOCUMENT 6, page 14)
Mercredi 28 janvier 1998:
Conférence de presse au siège de la FIDH, présidée par Patrick BAUDOUIN, Président de la FIDH, et Michel FOURNIER, ancien président de la Section française d'Amnesty International.
Madame Sonia EID, Monsieur Massoud KHAWAND, Madame Olga HAYEK et Monsieur Ghazi AAD (pour SOLID) ont pris la parole (Cf DOCUMENT 7, page 16).
Rencontre avec Monsieur Gérard Bapt, député, Président du groupe d'Amitié France-Liban à l'Assemblée Nationale, et François ROCHEBLOINE, député, vice-président de ce groupe.
Jeudi 29 Janvier 1998:
Visite au Parlement Européen et à la Commission Européenne à Bruxelles.
Rencontres avec:
Josep E. PONS GRAU, Député Européen,
Pierre PRADIER, Député Européen,
James MOORHOUSE, Député Européen,
Diego DE OJEDA GARCIA PARDO, Responsable des Droits de l'Homme du dossier mashriq à la
Commission Européenne,
Vincent DEPAIGNE, chargé du Liban à la Commission Européenne,
Dr Ingo FRIEDRICH, président de la Délégation Mashrek au Parlement Européen.
Grâce aux rendez-vous pris par Brigitte ERNST DE LA GRAETE, directrice de la section
Amnesty International / Union Européenne, et par Caroline STAINIER, déléguée
permanente de la FIDH à Bruxelles.
Vendredi 30 Janvier 1998:
Rencontre au Ministère français des Affaires Etrangères avec
Stéphane GOMPERTZ, sous-directeur d'Egypte Levant et Julien CHENIVESSE, chargé des
relations Liban-Syrie.
Rencontre avec le Vice-Président du Sénat, Gérard LARCHER, vice-président du Groupe
d'Amitié France-Liban au Sénat, à la Mairie de Rambouillet.
Réunion publique de sensibilisation, Salle Cana, Paroisse St Médard, Paris 5è. Les
familles ont expliqué leur situation, tandis que Monsieur AAD dressait un bilan de la
situation globale des détenus libanais en Syrie.
Ouverture d'un Livre d'Or destiné aux familles de détenus libanais en Syrie.
DOCUMENT 1: Témoignages audiovisuels réalisés au Liban, transcription écrite. (sommaire)
A. Témoignage de l'épouse de Tanious Youssef ELIES.
Mon mari avait 43 ans quand il a été arrêté, il s'appelle Tanious Youssef ELIES. Il est né à Chiyah en 1933. Le vendredi 10 février 1978, il nous a posé mes enfants et moi à Dlebta dans la montagne et il est parti. C'était le jour d'une bataille entre l'armée syrienne et l'armée libanaise. Il n'est pas revenu. On a alors commencé à le chercher partout et des gens nous disaient qu'il avait été enlevé par l'armée syrienne, qu'il était détenu, tantôt à Dahr El Baidar, tantôt à Zahlé, ou encore à Masnaa (poste de frontière libano-syrien).
Au bout de 8 jours, je suis allée passer la journée à Masnaa, où un membre des services de renseignements syriens m'a dit qu'il était détenu par l'armée syrienne mais que pour l'instant il était encore en territoire libanais. Puis quelqu'un est venu nous dire que sa voiture se trouvait à Hazmieh-Beyrouth.. Lorsque nous sommes allés voir, sa voiture y était effectivement, complètement désossée. J'ai commencé à pleurer en croyant que mon mari avait été tué, mais des soldats syriens qui se trouvaient à proximité de la voiture sont venus me montrer les registres sur lesquels étaient indiqués le nom et la date d'arrestation de mon mari. J'ai vu le chef de poste, du nom de Yahya, qui m'a affirmé que mon mari avait effectivement passé trois jours sur place dans leur poste, avant d'être emmené par les services de renseignements syriens. Nous étions rassurés de le savoir entre les mains d'une armée régulière et non d'une milice. Ahmad YAHYA, le chef de poste, m'a redonné les papiers de mon mari, son portefeuille dans lequel il ne manquait que sa carte d'adhésion au Parti Kataëb. Depuis, nous n'avons plus eu aucune nouvelle de lui. J'ai 4 enfants qui avaient entre 7 et 12 ans au moment de la disparition de leur père, un garçon et trois filles, dont l'une a été tuée en 1983 par un obus.
Nous avons contacté tous les officiels libanais et syriens, et même le Nonce Apostolique en Syrie qui m'a juré que mon mari était effectivement détenu en Syrie. Les autorités libanaises n'ont quant à elles pas mené d'enquête sur sa disparition.
B. Témoignage du frère du Père Sleiman ABOU-KHALIL.
La mère du Père Sleiman ABI-KHALIL est morte le 13 Août 1989. Il était moine et avait été dans plusieurs couvents, à Jezzine, à Riyak, à Tripoli, et ensuite il est parti en voyage au Canada. Il a appris par les médias que sa mère était morte à cause d'une bombe. Il est venu 2 mois après au Liban assister à une messe donnée à sa mémoire. A la suite de ça, le père supérieur de son ordre, les Antonins, lui a demandé de rester quelques mois au Liban pour se reposer au couvent de Deir El Alaa, avec le Père Sherfane. Puis la bataille du 13 octobre 1990 a eu lieu et les syriens ont achevé leur invasion du Liban. La bataille a été très importante à Deir El Alaa (Beit Meri, Metn). Inquiet, j'ai essayé de rentrer dans le village mais je n'ai pas pu y rentrer. Le lendemain, le 14 octobre 1990, nous nous sommes rendus au couvent où se trouvait mon frère avec des responsables de l'ordre des Antonins, dont le Père Tannoury, afin d'essayer d'obtenir une autorisation d'y entrer. Les syriens ne nous ont pas permis d'entrer. Par contre, un officier syrien a demandé au Père Supérieur une autorisation d'aller chercher de l'eau dans le couvent, car ils avaient l'ordre eux-même de ne pas pénétrer dans les lieux de culte. Lorsqu'ils sont entrés, à 10h10, le Père Sleiman est apparu sur le balcon et leur a demandé ce qu'ils voulaient. Les soldats syriens réclamaient de l'eau et il leur a indiqué le robinet. A ce moment, entendant du bruit, le Père Sherfane, un autre moine, a regardé dehors. Les syriens l'ont vu et ils ont été étonnés qu'il y ait encore deux moines dans ce couvent alors que selon leurs informations, il n'y en avait plus qu'un seul. Ils ont alors compris que des gens s'y cachaient. Ils ont téléphoné partout, au Patriarcat Maronite et à la Présidence de la République libanaise, et ils ont obtenu l'autorisation de pénétrer dans le Couvent.
En y entrant, ils ont trouvé des soldats habillés en civils, qu'ils recherchaient. Ils ont emmené tout le monde, les militaires dans des camions et les deux prêtres dans une range-rover. Ils ont été conduits à Anjar, puis à la section d'interrogatoires dite "section Palestine" à Damas. Ils auraient ensuite été détenus dans une prison qui s'appelle Talfita, en Syrie.
On a contacté tout le monde possible pour les faire sortir, car toutes les sources nous disent qu'ils sont encore vivants, sans succès.
C. Le cas d'Antoine Youssef ZGHEIB, de Hadath Baalback, décrit par son frère.
Mon frère, né en 1953, était lieutenant dans l'Armée Libanaise, dixième brigade, et il a disparu le 13 octobre 1990, à 10 h, et jusqu'à aujourd'hui, on ne sait rien sur lui. Il a été livré d'une maison à un officier syrien, qui l'a lui même remis à un capitaine, puis à un brigadier du nom de Mohsen Salloum. Il a été vu arrêté par les syriens à Beit Meri, par le Commandant de la Première Brigade Ibrahim Chahine et d'autres officiers libanais, et depuis, on ne sait plus rien sur lui. Il était avec deux soldats. L'un d'eux est mort, l'autre a été arrêté en même temps que lui. Mon frère a supplié les syriens de le relâcher mais ils l'ont emmené.
Nous avons entrepris beaucoup de démarches qui n'ont abouti à rien et aucune enquête n'a eu lieu sur son enlèvement.
D. Le témoignage du père d'Antoine Zakhour ZAKHOUR.
Mon fils, né en 1963, était dans la dixième brigade à Ain Saadé. Lorsqu'il a été arrêté par les syriens le 13 octobre 1990, il a été conduit à Deir El Alaa. Il y est resté jusqu'à 5 h de l'après-midi du samedi 13 octobre. Une personne de ma connaissance m'a obtenu un permis de visite pour voir mon fils en prison à Damas. Là bas j'ai vu un brigadier syrien à la direction des renseignements. Quand je lui ai demandé de me rendre mon fils, il m'a demandé pourquoi l'état libanais ne le réclame pas lui-même, et il m'a dit que seul le Président Assad peut le faire relâcher.
Depuis, nous avons pris beaucoup de contacts, et beaucoup payé pour avoir des informations sur son lieu de détention et un droit de visite, sans rien obtenir.
DOCUMENT 2: TEMOIGNAGE DE MADAME SONIA EID (sommaire)
Mon fils, Jihad Georges Eid né le 29 Avril 1970 à Beyrouth - Liban, avait rendu ses armes à son commandement un mois avant le 13 Octobre 1990, date à laquelle l'armée syrienne a achevé son invasion de la totalité du territoire Est de Beyrouth.
Le 13 Octobre 1990, mon fils Jihad Eid a été appelé de sa maison pour venir aider ses copains soldats à tenir le front dans son quartier de El - Hadath. Il s'est précipité pour protéger les familles chrétiennes de sa ville, de la barbarie de la guerre. Il n'avait aucun engagement vis-à-vis du Général Aoun, mais voulait se dévouer à une carrière militaire...
Le jour de son enlèvement, ses camarades l'ont vu blessé à deux reprises, à l'épaule et la jambe. Puis, rassemblé avec d'autres personnes, à l'hôtel Beau Rivage, lieu de détention de l'armée syrienne, à Beyrouth-Ouest. Mais, tout de suite, il fût transféré à la frontière libano - syrienne, dans la prison de Anjar. Où, deux officiers de l'armée libanaise étaient à ses côtés. D'ailleurs, ils ont été relâchés trois jours plus tard, par ordre d'une personnalité politique libanaise, et sont venu me porter témoignage dans ma maison.
Puis, un commissaire syrien A. N m'a assuré la présence de mon fils Jihad dans une prison syrienne.
Deux semaines plus tard, on l'amène à Damas, dans la prison de Mazzé. Et pendant plus de huit mois, il est interrogé sous la torture, dans le camp spécialisé pour " le questionnement" Palestine 235.
Suite à un séjour de 15 jours dans la capitale syrienne, j'ai moi - même établi un contact avec un homme d'affaire proche du pouvoir, qui, après avoir reconnu la présence de mon fils Jihad Eid dans un prison syrienne, voulait m'obtenir un droit de visite, qui me fût refusé à cause de la guerre du Golf!...
D'aprés une personne proche de ma famille, libérée en 1995, l'état de santé de mon fils était critique et grave.
En effet, suite aux abominables tortures et à l'inflammation d'une blessure pendant les combats, Jihad aurait été amputé d'une jambe! Donc, dans des conditions déplorables de santé et d'hygiène de vie.
Le 1er Février 1995, deux hommes des services de renseignements libanais se sont présentés à mon domicile, où plus d'une dizaine de personnes étaient présentes. Ils ont affirmé la présence de mon fils Jihad Eid, prisonnier à Mazzé, en citant les services d'espionnage libanais du Ministère de la Défense de Baabda comme source sûre de contact. Puis ils ont demandé à mon mari et à mon fils cadet, preuve à l'appui, de se présenter le lendemain au Ministère de la Défense, afin d'être confrontés à seize autres familles de soldats de détenus en Syrie, afin d'avoir de plus amples renseignements sur nos enfants.
Le lendemain, ils ont rencontré l'officier responsable des soldats emprisonnés en Syrie qui a nié la présence de mon fils Jihad et des seize autres soldats en Syrie, et nié également, la visite de toute personne de son service à mon domicile, alors que de nombreux témoins étaient présents!
Depuis cette date, ma famille et moi vivons dans l'espoir de voir mon fils parmi nous, loin de sa torture quotidienne, physique et psychologique!
DOCUMENT 3: TEMOIGNAGE DE MADAME VIOLETTE NASSIF (sommaire)
Mon fils, Johnny Salem NASSIF, né en 1974 à Beyrouth était soldat dans l'armée libanaise. Il a été enlevé le 13 octobre 1990 par l'Armée Syrienne, alors qu'il était sur le front de Daher El Wahech.
Pendant un an, les armées libanaises et syriennes ont nié sa présence dans une prison syrienne. Mais une personne de ma connaissance a reconnu mon fils dans le convoi de camions de prisonniers qui montait vers Damas.
Puis, en 1991, un communiqué du Ministère de la Défense a affirmé sa présence en Syrie et a diffusé une liste d'autres noms dans les casernes de l'Armée Libanaise.
Depuis, j'ai rencontré des dizaines de personnalités libano-syriennes dans le monde politique et militaire, dont entre autres, l'ancien ministre de la Défense libanais, Michel EL MUR, qui n'a pas pu m'aider pour voir mon fils Johnny dans une prison syrienne, ou même le faire transférer au Liban.
Suite à un laissez-passer obtenu par le Patriarche des Orthodoxes, j'ai pu obtenir un rendez-vous à Damas, avec le Commandant du Club des Officiers, Brahim EL BITTAR, qui après m'avoir affirmé sa présence dans une prison syrienne, s'est rétracté sur tout ce qu'il venait d'avancer...
Ensuite, j'ai pu grâce au directeur des prisons syriennes, Bassem EL TAEF, obtenir un rendez-vous avec un officier qui me montrera mon fils. Pendant que je lui parlais un de ses lieutenants a appelé mon fils Johnny NASSIF de sa cellule pour venir me voir. Mais dès qu'il a su qu'il a été arrêté le 13 octobre 1990, il a annulé la rencontre et a nié la présence de mon fils chez eux!
Car la présence des soldats libanais arrêtés le 13 octobre 1990 relève d'un cas particulier sachant qu'ils combattaient sous les ordres du Général Aoun. Ensuite pour preuve que cette date de l'histoire est un sujet tabou pour le gouvernement libanais, l'actuel ministre de la Défense, Mohsen DALLOUL, m'a textuellement dit que si mon fils était présent en Syrie, il ne pouvait rien pour lui. Ainsi que la Première Dame libanaise, Mona HRAOUI, qui suite à une conversation téléphonique, m'a dit que cette affaire l'agace et qu'elle baisse les bras.
Pour le moment mon fils Johnny NASSIF, âgé de 23 ans, est torturé depuis l'âge de 16 ans dans une prison syrienne (à Saydnaya), où il reçoit des pressions physiques et psychologiques depuis sept ans.
DOCUMENT 4: TEMOIGNAGE DE MADAME OLGA HAYEK (sommaire)
Mon fils, Kaytel HAYEK, lieutenant-colonel dans l'armée libanaise originaire de Beyrouth a été enlevé en juin 1994 sur un barrage de l'armée libanaise, où 40 soldats étaient présents.
Après des contacts avec des dirigeants politiques et militaires libanais, j'ai demandé à connaître le sort de mon fils, et on ne m'a rien répondu. J'ai rencontré: le ministre de Affaires Etrangères, Fares BOUEIZ, le ministre de la Défense, Mohsen DALLOUL, le ministre de l'Intérieur, Bechara MERHEJ, le vice-président du Conseil des Ministres, Michel EL MUR, le ministre Elie HOBEIKA.
Concernant les militaires, j'ai rencontré: le Commandant de l'Armée, Emile LAHOUD, le directeur des services de renseignements, Michel RAHBANI et de nombreux officiers dans l'armée et les services secrets.
Après deux ans de recherches durant lesquelles les informations étaient monnayées, j'ai pu rencontrer mon fils à la prison de Mazzé, où je le rencontre tous les trois mois durant une heure ma dernière visite remonte au 11 décembre 1997. Il y est encore détenu à ce jour sans qu'aucun jugement n'ait été prononcé à son encontre.
Le gouvernement libanais nie sa détention en Syrie, et celui-ci a été condamné par contumace à mort par le tribunal militaire de Beyrouth le 5 novembre 1996, alors que j'ai déclaré devant le juge qu'il était détenu à Mazzé. Il a été jugé coupable d'avoir commandité des attaques armées contre des positions militaires syriennes, d'avoir collaboré avec Israël, et comploté en vue de tuer Ghazi Kenaan et Elie Hobeika. (Mon gendre, Kamil EL RAMI, aujourd'hui détenu au Liban, a été condamné à 10 ans de prison dans la même affaire après avoir passé 4 ans à Mazzé en Syrie.)
Aujourd'hui il est mis de nouveau en accusation par contumace dans le procès de l'attentat à l'encontre de Rachid Karamé, sans aucun moyen de se défendre.
Je demande qu'il soit transféré au Liban afin d'y être jugé, pour qu'il puisse assurer sa défense, car il est innocent.
DOCUMENT 5: BOUTROS KHAWAND ET TANIOUS TAYAR (sommaire)
Boutros KHAWAND, né en 1939, marié, père de 4 enfants dont le cadet a 6 ans. Il a été engagé dans le parti de Kataëb depuis 1956, et est devenu membre du bureau politique depuis 1987. Il a été kidnappé le 15 septembre 1992 et son sort reste inconnu depuis.
Déroulement de l'enlèvement;
Témoins: son fils Fadi, âgé de 21 ans et de nombreux voisins qui ont assisté à l'enlèvement.
Le 15 septembre 1992 à 9 heures et quart, alors que Boutros Khawand était sur le chemin du Bureau Politique de Kataëb, à 100 mètres de son domicile de Sin El Fil (Beyrouth), trois voitures sont venues lui couper la route, 2 BMW et une camionnette rouge, dans lesquelles il y avait entre 8 et 10 hommes armés. Ils l'ont fait descendre de force de sa voiture et l'ont fait monter dans la camionnette et ont laissé sa voiture sur la route. A savoir que le lieu de l'enlèvement près de sa maison se trouve dans le quartier de nombreuses positions militaires syriennes et libanaises.
La sécurité libanaise n'a pris aucune mesure et les responsables politiques et militaires libanais nient jusqu'à aujourd'hui leur connaissance de quoi que ce soit dans l'affaire ni sur le lieu de sa détention.
Ses camarades du Parti politique ont essayé d'intervenir, et ont demandé à être informés de son sort durant le premier mois suivant son enlèvement. Depuis, ils ont arrêté leurs investigations.
Sa femme et ses frères ont établi de nombreux contacts avec des responsables libanais qui tous ont nié leur connaissance de son sort et des causes de son enlèvement. Tout ce qu'on sait depuis l'été 1997, de la part de SOLIDA et de Human Rights Watch, c'est qu'il pourrait être détenu à la prison de Adra en Syrie.
Tanious TAYAR, né le 10 novembre 1952 à Chayah, et habitant à Hazmieh, Beyrouth, mécanicien automobile, a été enlevé à Beyrouth à un barrage syrien le 27 mai 1978
Sa famille a interrogé les militaires au niveau du barrage qui ont reconnu l'avoir arrêté et transféré en Syrie, et ne plus rien savoir sur sa situation.
Depuis, sa famille n'a plus jamais eu de ses nouvelles et la police libanaise refuse d'enquêter. Sa mère est décédée six mois après son enlèvement qu'elle n'a pas supporté.
DOCUMENT 6: LETTRE DE HUMAN RIGHTS WATCH A HUBERT VEDRINE, MINISTRE FRANCAIS DES AFFAIRES ETRANGERES. (sommaire)
TRADUCTION DE L'ANGLAIS:
De: Human Rights Watch, New-York
Le 27 Janvier 1998.
A: Monsieur Hubert Vedrine
Ministre des Affaires Etrangères
Paris, France.
Monsieur le Ministre,
Je vous écris à l'occasion de la "semaine d'action et de soutien des libanais détenus dans les prisons syriennes", qui se déroule en France du 26 janvier au 1er février 1998. Human Rights Watch approuve cette importante initiative des défenseurs des Droits de l'Homme et des organisations françaises et libanaises.
Nous espérons que cette démarche attirera l'attention de votre gouvernement, qui a de proches relations bilatérales avec la Syrie, sur la nécessité de mettre un terme au problème des enlèvements au Liban par les forces syriennes. La dimension humanitaire du problème est particulièrement douloureuse. Alors que certaines familles ont appris par des sources officieuses les lieux de détention de leurs proches, et ont parfois pu les visiter, d'autres familles n'ont ni contact ni nouvelles et ne savent même pas si leurs être chers sont vivants ou morts.
Dans un rapport que Human Rights Watch a diffusé en mai 1997, intitulé "Une alliance hors la loi: disparitions forcées au Liban", nous demandons expressément au gouvernement syrien de mettre un terme à ces pratiques inacceptables en rendant publics les noms de tous les non-syriens qui sont détenus en Syrie, et en révélant leurs lieux de détention actuels. Nous recommandons par ailleurs que le gouvernement fournisse des explications sur les bases légales de l'emprisonnement de ces individus; et qu'il relâche immédiatement et inconditionnellement tous ceux qui ont été illégalement ou arbitrairement détenus.
Entre 1995 et 1997, Human Rights Watch a enquêté sur des cas de disparitions au Liban, dont des palestiniens apatrides, comme des citoyens libanais. Dans tous les cas, les forces de sécurité syriennes, parfois avec le soutien et la coopération de leurs homologues libanais, ont placé en détention des individus dans leurs centres en territoire libanais avant de les transférer en Syrie. Les membres de la famille comme les avocats ont été incapables d'obtenir la moindre information officielle par les autorités syriennes et libanaises concernant ces arrestations ou enlèvements, ni même sur les lieux de détention des personnes portées disparues, ce qui les met ainsi hors de la protection de la loi. Les officiels du gouvernement libanais ont par ailleurs publiquement déclaré ne rien connaître du problème et reconnu devant les familles qu'ils sont dans l'incapacité à intervenir.
Human Rights Watch prie le Gouvernement Français de soulever auprès des autorités syriennes, au plus haut niveau et de toute urgence, le problème de la détention au secret en Syrie de ressortissants étrangers. Tout en demandant expressément que soient révélés les noms et les lieux de détention de ces détenus, le gouvernement français devrait également chercher à obtenir un engagement du gouvernement syrien pour faire cesser immédiatement ces pratiques.
Nous recommandons par ailleurs que le gouvernement syrien soit encouragé à adopter les cinq mesures suivantes, afin d'assurer que nul ne soit plus victime de "disparitions" ou d'arrestations arbitraires:
Informer tous les services de sécurité, de renseignements, et militaires que les "disparitions" ne seront plus tolérées, et que les officiers qui ordonnent ou passent sous silence de telles actions seront tenus pour responsables de ces crimes selon leur importance légale.
Demander qu'au moment des arrestations ou de la mise en détention, les autorités qui procèdent à l'arrestation déclinent leur identité, et que tous les individus placés en détention le soient uniquement dans des lieux légaux reconnus publiquement, où des régistres précis des détenus et prisonniers sont tenus et disponibles en cas d'inspection publique. De telles procédures devraient s'appliquer à chacun des centres de détention syriens au Liban actuellement secrets. Ou encore ces centres pourraient être directement fermés.
Informer les individus arrêtés des raisons de leur arrestation, et leur donner la possibilité de contester la légalité de leur arrestation devant une autorité judiciaire indépendante.
Permettre aux individus arrêtés d'informer sans délai leurs proches et leurs avocats de leur arrestation et de leur lieu de détention, et de recevoir leurs visites.
Etablir des procédures effectives pour répondre rapidement aux demandes d'information des familles, avocats et organisations non-gouvernementales sur les lieux de détention des personnes détenues.
Merci par avance de l'attention que vous apporterez à nos préoccupations.
Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de nos sincères salutations.
Hanny Megally
Directeur Exécutif
Département du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord.
Human Rights Watch.
DOCUMENT 7: COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DE PRESSE du 28 Janvier 1998 sur les détenus libanais en Syrie. (sommaire)
Mercedi 28 Janvier à 11 heures du matin, au siège de la Fédération
des Ligues des Droits de l'homme (FIDH), a eu lieu une conférence de presse organisée
par de nombreuses associations de défense des droits de l'homme dont l'Action des
Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, Amnesty International, la Ligue des Droits de
l'Homme, la FIDH, et SOLIDA dans le cadre d'une semaine d'action et de soutien des
détenus libanais dans les prisons syriennes (26 Janvier - 1er Février 1998). Des
familles de ces prisonniers et des représentants du comité SOLID (Support of Lebanese in
Detention) étaient venus de Beyrouth pour apporter leurs témoignages.
Maître Patrick Baudouin (Président de la FIDH) a introduit la conférence en citant les
recommandations énoncées par SOLID réclamant du gouvernement syrien une liste de tous
les détenus libanais en Syrie ainsi que leur lieu de détention et réclamant des
autorités libanaises de mener une investigation efficace et indépendante sur les
détenus libanais en Syrie afin qu'ils soient soumis à la législation libanaise. Me
Baudouin a demandé que les organisations internationales fassent leur ces
recommandations.
Me Baudouin a ensuite rendu hommage aux familles et présenté les
participants:
Mme Sonia Eid, mère de Jihad Eid, soldat de l'armée régulière libanaise arrêté en
octobre 1990 au cours des affrontements autour du palais de Baabda où se trouvait le
général Aoun.
Mme Olga Hayek, mère de Keytel Hayek, enlevé en juin 1994 et actuellement détenu à El
Mezzé en Syrie.
Monsieur Massoud Khawand, frére de Boutros Khawand, ancien membre du bureau politique du
parti Kataëb, enlevé le 15 septembre 1992.
Madame Violette Nassif, dont le fils Johnny Nassif avait 16 ans en 1990 lorsqu'il a été
arrêté dans les mêmes conditions que Jihad Eid.
Monsieur Fadel Tayar, frére de Tanious Tayar, enlevé au niveau d'un barrage syrien en
1978.
Monsieur Ghazi Aad, représentant le comité SOLID qui, à Beyrouth, soutient l'action du
"comité des familles de détenus libanais en Syrie" nouvellement constitué
comme l'a annoncé Me Patrick Baudouin.
Me Baudouin a ensuite passé la parole à Michel Fournier, ancien président de la section française d'Amnesty International qui s'est inquiété des conditions de détention en Syrie en citant le témoignage d'un ancien détenu, Ridha Haddad, syrien, mort quelques mois après sa libération, témoignage tout a fait édifiant sur les condition de détentions dans plusieurs prisons syriennes. Il a précisé que le cas de Jihad Eid avait été pris en charge par deux groupes d'Amnesty International et que d'autres cas devaient être adoptés. Michel fournier a rappelé que la question des détenus libanais en Syrie était une des préoccupations importante soulevée dans le rapport d'Amnesty International sur le Liban rendu public à Beyrouth en Octobre 1997. "Le procureur de la république Adnan Addoum a envoyé une réponse le 31 décembre 1997 à Amnesty International, mais cette réponse ne comporte aucune référence à la question des détenus libanais en Syrie" a précisé Michel Fournier.
La parole a ensuite été donnée aux familles:
Sonia Eid qui devait parler au nom du comité des familles était très émue et a pû à
peine parler: "Je suis une mère dont le fils est disparu" a-t-elle déclaré
sans pouvoir continuer à en parler.
Un autre temps fort a été le témoignage de Olga Hayek qui peut rendre visite à son
fils à la prison de El Mezzé et l'a vu, pour la dernière fois le 11 décembre 1997.
Elle a expliqué que le tribunal militaire de Beyrouth a inculpé son fils (Keytel Hayek)
dans un procès par contumace et lorsqu'elle a déclaré devant el tribunal : "Je
sais ou est mon fils, il est en prison en Syrie, faites le venir et jugez le", le
procès a suivi son cours et son fils est toujours considéré "en fuite".
Un autre temps fort a été la présntation par Solida de la copie d'une autorisation de
visite, reçue par Mme Nassif et signée du directeur de l'administration des prisons
syriennes, autorisation qui est restée sans suite.
Ghazi Aad du comité Solid a lancé un appel aux associations internationales et à
l'opinion publique pour qu'elles soutiennent ces familles et fassent connaître le sort de
ces prisonniers.
DOCUMENT 8: REVUE DE PRESSE. (sommaire)










